Pourquoi nous devons agir.

Chère Madame, cher Monsieur,

Je voulais tout simplement commencer par vous dire merci. Merci d’avoir pris le temps de laisser votre adresse, votre nom, votre département.

Cela peut sembler peu de chose. Mais au moment où commence une aventure comme celle-ci, chaque personne qui se manifeste donne une réalité concrète à ce qui, quelques semaines auparavant encore, n’était qu’une réflexion, une inquiétude, une espérance.

Depuis de nombreuses années, je parcours la France, j’échange avec ceux qui la font vivre : des enseignants, des agriculteurs, des ouvriers, des entrepreneurs, des employés, des médecins, des chercheurs, des élus locaux, et ceux qui n’ont plus d’emploi du tout. Partout, derrière des situations très différentes, j’ai entendu revenir une même question : comment avons-nous pu nous habituer à ce que tant de choses qui constituent notre pays paraissent peu à peu nous échapper ?

Notre industrie. Notre agriculture. Notre école. Notre système de santé. Notre capacité à produire, à décider, à transmettre.

C’est de cette interrogation qu’est né mon dernier livre, La France corps et âme.

Un pays, ce sont des territoires, des paysages, des métiers, une langue, des œuvres, des savoir-faire, des écoles, des usines, des commerces, des exploitations agricoles, des villes et des villages : voilà le corps d’une nation. Mais ce corps ne tient que parce qu’il est animé par quelque chose, une certaine idée de la liberté, de la justice, de la transmission, de la dignité humaine, de ce que nous devons aux générations qui nous précèdent comme à celles qui nous suivront. C’est ce que j’ai voulu appeler son âme.

Ce livre n’était pas un aboutissement. Il posait déjà la question qui nous rassemble aujourd’hui : que faisons-nous désormais de ce constat ? Je ne me vois pas continuer à commenter le désastre. Et nous sommes des milliers à refuser la fatalité, à ne plus vouloir voter par défaut.

Ces derniers mois m’ont convaincue qu’il ne suffisait plus de commenter, d’analyser ou de déplorer. Il fallait essayer de reconstruire.

C’est le sens de la démarche que j’ai décidé d’engager. Je ne prétends pas que tout soit déjà écrit : rien ne serait plus contraire à l’esprit de cette initiative. Une équipe se forme. Des femmes et des hommes nous rejoignent. Des groupes naissent dans les territoires, et le travail sur les propositions se poursuit. Vous en faites désormais partie.

Dans les prochains jours, nous reviendrons vers vous pour vous dire comment, si vous le souhaitez, prendre part à ce travail.

Il faudra parler d’économie et de production, de notre capacité à retrouver une industrie, une agriculture et une énergie qui nous permettent de maîtriser davantage notre destin. Du travail aussi, et de ceux qui ont parfois le sentiment que leurs efforts ne sont plus reconnus à leur juste valeur. Il faudra parler de l’école, parce qu’aucun pays ne peut se projeter dans l’avenir s’il renonce à transmettre à ses enfants les connaissances qui leur permettront de devenir libres. De démocratie, enfin : de cette prise réelle que les citoyens ont perdue sur ce qui décide de leur existence.

Reste, surtout, la société que nous voulons faire advenir. Une société qui récompense la règle et non la transgression. Qui accueille ceux qui aiment notre pays et en reconnaissent les valeurs, sans se renier elle-même pour se croire plus généreuse. Une société qui met sa créativité et ses capacités d’innovation au service de la liberté et de la fraternité.

Je vous propose donc aujourd’hui de créer un espace de dialogue direct entre vous et moi pour recueillir vos constats, recommandations et revendications du quotidien. Ces nouveaux « cahiers de doléances » version 2027 ne seront pas escamotés comme ce fut le cas il y a huit ans. Ils contribueront au contraire à bousculer radicalement l’entre-soi politique actuel. Vous allez recevoir un mail d’invitation à participer très rapidement.

Mais avant toutes ces discussions, je tenais à vous adresser personnellement ce premier message. Parce qu’un projet politique digne de ce nom ne commence pas par un appareil, un slogan ou une campagne de communication. Il commence par des femmes et des hommes qui décident de ne plus regarder les événements en simples spectateurs.

Merci à vous, orphelins de la politique. Merci d’être les premiers, et d’être déjà si nombreux.

Les choses commencent. Et je suis heureuse de les commencer avec vous.

Bien fidèlement,

Natacha Polony

Signature de Natacha Polony

Intégralité de la lettre du 15 septembre 2026.

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